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    La Chesnaie, Basse-Goulaine, 6 mars 1944.

     Mon vieux Marcel,

    Bouhier m’écrit ce matin que Max vient d’être interné au camp de Drancy. Je ne veux pas penser que c’est vrai. Dis-moi vite qu’il y a malentendu, autrement ce serait terrible. Et il faudrait faire l’impossible pour tirer Max de là.
    Qu’arrivera-t-il si l’on entoure maintenant la poésie de barbelés. il y avait bien assez de silence sur nous sans cela.
    Ton livre est, dit-on, paru. L’aurai-je ? Tu me ferais un immense plaisir en te privant d’un exemplaire pour mon aimée. C’est Hélène Laurent, 16, place Paul-Doumer, Bordeaux, qui l’attend.
    Envoie au plus tôt des nouvelles
     

    René

                                                          (1920-1951)   
      
                        
     Aux éditions Rougerie :
     

      Correspondance (avec Marcel BÉALU), ill. de Béalu, Cadou et Roger Toulouse

    Le testament d'Apollinaire, préface de G.-E. Clancier  
    Le Miroir d'Ophée, présentation de Michel Décaudin 
     

    René-Guy Cadou

     
     
              

        


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    Xavier Grall

     
     
     

    […]

    Oui
    J ’ai rêvé d’un peuple ébloui
    De Terre Sainte revenus
    Les rois bretons et les bardes
    Paysannement
    Dans les bombardes
    Soufflaient des féeries
    Féeriquement
    L’ hydromel flambait
    Dans les bolées
    Et dansaient les villages
    Sur les collines
    Mais pourquoi cette complainte
    Après tant d’allégresse ?
     —Pourquoi cette païenne tristesse
    Au bout de la quête arthurienne ?
    Pleurez collines
    Pleurez vallons
    Sur les châteaux morts
    De la Douloureuse Garde
    Aux Bois Dormants
    Reposent les épées et les poèmes
    Seigneur Dieu
    Pourquoi vous cachez-vous
    Aux yeux de ceux qui vous aimaient
    Adieu les preux errants
    Lierres et pierres
    Temps frivoles et sans pitié
    Temps meurtriers
    Ronciers

    Temps de mécréance
    Temps de médisance
    Dévorez-moi
    Dévorez-moi
    Car je ne saurais vivre
    Sans croire que les chemins
    Vont quelque part
    En quelque ville  

    […]

                                                            (1930-1981)             
     
     

    Aux éditions Rougerie :

     

    L'Œuvre poétique, préfaces de Mireille Guillemot et Yvon Le Men,  biobibliographie de Jan Dau Melhau 
      
     

     
     
     

     


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     (René Char, 1907-1988)         

     

     

    Samedi

    Mon cher ami,
    Merci pour vos bonnes lettres. Je me réjouis de vous serrer les mains bientôt vers la fin du mois très vraisemblablement.
    Dites, je vous prie, au Comité des Cahiers que je suis sensible à leurs sentiments d’amitié. Je transmets à A. du Bouchet votre pensée. Je ne crois pas me tromper en formulant à Pégard de ce dernier des compliments (pour ses poèmes). Ce jeune poète est en progrès constants. Le voici maintenant qui émerge franche- ment du groupe de sa génération. Quoi de plus agréable pour les aînés que la poussée de fiers arbustes qui leur feront sur leurs vieux jours un peu d’ombre ? La jeunesse est tout ce que nous fûmes, qu’elle nous affectionne ou qu’elle nous déteste. C'est bien cela, la grande randonnée !
    À bientôt, affectueusement à tous deux.

    René Char

     
     
                          


     Aux éditions Rougerie :  
       
    René CHAR/Jean BALLARD : Correspondance, textes établis et présentés par Jeannine Baude
     
     


     

              

     

                       

        


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     (1878-1919)

     

    « Siddhartha : Ha ! je vois ! je vois ! je vois trop bien, et trop clair ; et trop profon-dément ! [..]
    Et toi, nature baladine ! nature aux seins parés, comme une danseuse ; [...] Je vois maintenant où tu m'as plongé en me mettant au monde ! Oh ! la fascinatrice ! ô mère des reflets torrentiels ! Tu as les yeux fardés ; – je les vois – tu as les seins cachés – par dégoût... Mais je découvre ta poitrine, Nature fallacieuse, j’arrache ton corselet de clinquant ! je déchire ta tunique... je t'appelle Illusion-du- monde ! »                                (1878-1919

     
        Aux éditions Rougerie :
         
                         Le voyageur des deux routes, par G. Germain
        Imaginaires, trois nouvelles suivi de Fragments inédits, présentation de Henri Bouillier  
        Siddhârtha, pièce en 5 actes préfacée par Gabriel Germain
        Dossier pour une fondation sinologique, textes réunis, annotés et présentés par Annie Joly-Segalen
     

     


  • Illustrateurs :

    Ladislas Kijno (papier froissé),

    Michel Seuphor (gravures)

    Juluis Baltazar (rehaussées de couleurs).

    J.J. Rigal,

    Dacos,

    Michel Mousseau,

    Lautrec,

    Brigitte Eckel,

    Federenko,

    Patrice Pouperon

     

    et des œuvres de :

    Henri mouvant (collages),

    Lorris Junec (lithographies),

    Jules Paressant (lithographies),

    Marc Pessin (empreinte)

    et aquarelle de Kozo,

    Lautrec (pochoir),

    lithographies de Agueda Lozano,

    collage rehaussé de couleurs de Jean-Jacques Barois.






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