Rougerie Editions

Pierre ALBERT- BIROT : 1876 – 1967


(Fond François Noguet, reproduction interdite)
Poéte, sculpteur, peintre, imprimeur, romancier , auteur de théâtre…..En 1916 il crée la revue d’avant – garde SIC avec au sommaire : Soupault, Tzara, Aragon, Reverdy, Breton. La revue disparaitra en 1919.
Auparavant il organise en 1917 la représentation qui fit scandale des «Mamelles de Tirésias». Drame surnaturaliste suggère Apollinaire, « surréaliste » répond Pierre Albert-Birot. Après la guerre P.A-B se consacre surtout à son œuvre écrite : nombreuses pièces de théâtre, des pantomines, des pièces pour marionnettes.
Esprit libre, a refusé l’appartenance à tous les « ismes » de son temps.
Néanmoins, il est le fondateur du « numisme » !
Poéte de la simplicité, ouvert à tous les genres, tous les modes d’expression. Ses « Poèmes à crier et à danser » préfigurent les poèmes lettristes. A joué sur l’aspect sonore et visuel des lettres avec ses poèmes affiches- cartes postales – rébus …..( dans « La Lune « Poésie 1916–1924).

« Je dirai la joie des sept couleurs / Atchou atchou le ciel est bleu/ Alors or dore décor encor adore odore / un chien passe il tire la langue/ parce qu’il emporte son ombre sous lui/ luminosité insondable de l’infini lyrique/le monde n’est éclairé que pour les poétes/ et peut-être aussi pour les bêtes/ti titi tititi dzz ii ii uuu i/ brune sonorité des parfums colorations des sons/ souffle couple souple qui s’accouple/et mes yeux aussi font de la lumière /vous devriez prendre une ombrelle » ( Poèmes 1916 – 1920, La Joie des sept couleurs ).

Joe BOUSQUET : 1897 1950

« Bousquet , ç’a été une grande aventure. Ce qui me fascinait chez lui, c’est le grand poéte occitan, le dernier des troubadours. Ce côté occitan me passionnait et puis aussi cet écrivain né d’une blessure, son aventure extaordinaire et unique dans la littérature » (René Rougerie).

Blessé en Mai 1918 devant Vailly Joe Bousquet a vécu couché jusqu’à sa mort, dans cette chambre de la rue de Verdun à Carcassonne « fasciné,regardé,par les plus beaux tableaux du monde. Les plus magnifiques de ces tableaux sont l’œuvre de Max Ernst….Blessé depuis deux ans,je venais enfin de signifier aux miens que je renonçais à la comédie de la rééducation…. » ( Note Book ).

« Nul homme n’y verra clair que dans la lumière qu’il aura créée ….
« la poésie est un nom de la vérité ; mais il est une poésie qui est source de la poésie. Un mot fait le jour autour de lui. …..
« un accident m’a donné la faculté poétique. Encore ne dois-je pas mettre ma bonne volonté à la réduire à l’impuissance. …
« un artiste est un œil, un oeil privé de corps.Il donne des yeux à la lumière. Il trouve nécessairement dans l’activité des hommes un prolongement des grands spectacles naturels » ( La Romance du seuil, suivie de Poésie, préface de Hubert Juin )

Michel SEUPHOR : 1901 – 1997

Seuphor ? l’ami de Mondrian, le critique de peinture……
Un nom, certes,…… mais difficile de donner plus amples précisions . Peut-être cette situation s’explique t-elle par les préocupations fort diverses qui l’animèrent. En effet, il est bien difficile de le présenter tant ses activités furent immenses.
Né à Anvers, il restera – et reste – le témoin privilégié de ce Xxe siècle tant par son œuvre poétique et picturale que par ses prises de position sur l’art mais aussi sur tout ce qui touche l’activité humaine, et par les nombreux créateurs dont il fut l’ami : Mondrian, Arp, Saunia Delaunay…..
Comme Pierre Albert-Birot, il prit naissance au début des années 20 avec la revue Het Overzicht dans laquelle il publia ses premiers poèmes.
A partir de 1925 il quitta la Belgique pour Paris. Là il créa Les Documents Internationnaux de l’Esprit Nouveau, puis Cecle et Carré où il se fait le chantre de l’abstraction géométrique, du constructivisme. Ces revues portent la trace de toute cette ébullition artistique des années 1930.
Connu pour ses ouvrages de critique et la manière dont il aborde l’œuvre du peintre. Ainsi rédige t-il le premier ouvrage sur Mondrian, le premier volume sur l’histoire de l’art abstrait chez Maeght. En 1950 il rencontre Pollock, de Koenig, Rothko, Kline ….et publie un volume sur la peinture moderne aux USA..
Donc reconnu pour ses compétence en tant que critique d’art, connu pour ses dessins à lacunes, il reste à faire découvrir une œuvre poétique qui s’étend des années 1920 à nos jours.

« Poétes »
« Prenez soin de vos ongles / faites-en des couteaux pointus / des fourches des herses / afin de pouvoir dire non / à beaucoup de choses / décourager l’envahisseur / Il faut être armé / pour protéger votre sommeil de chat / prenez garde à vos dents / ôtez cette jolie façade de carton peint / et mettez à la place / des dents de fer / afin de mordre dans la vie / afin de mordre dans la lettre / dans le plus profond de la lettre / Votre morsure est votre entrée / dans l’ordre de la création / la faim » (Gosps et Cosnops).

« Voco »
« O chant / je te veux près de moi / avec ta liberté / ta joie / et ton extravagance / ne me quitte jamais / que tout soit bon / pour provoquer ton éruption / je renonce pour toi / à tout le reste / même si tu n’ as plus à m’offrir / qu’une friandise surusée / je prends / je te la rends avec des mots / si courts / si neufs / si vrais / que ghhimiglucky tu en es / que gharmaglacky tu es / et bratirose / et rasamaque / et tralatritonnée / ……/ que tout soit chant en moi / pur chant et rythme pur / bien au-delà du cogito / là où l’esprit / n’est plus que volonté de danse / dans la lumière./ Kwirnamutchi / kwirnamutchi / tarlapa/ » (Solfége, suivi de L’Esprit est en croisière ).

SAINT – POL – ROUX : 1861 – 1940

image_edition/giselle_1.jpg image_edition/giselle_1.jpg A travers poèmes et proses, drames, Saint-Pol-Roux a su créer une œuvre particulièrement originale à la gloire du verbe et de la lumière, œuvre qui débouchera à la fin de sa vie sur une véritable « symphonie verbale « .
Son œuvre a été saluée par Max Jacob, Alfred Jarry, et tout particulièrement par André Breton et les surréalistes : Paul Eluard, Aragon.
Saint-Pol-Roux, dont l’ oeuvre parfois déroutante par ses multiples facettes, fut un véritable visionnaire, s’intéressant aux principales découvertes de son temps : cinéma, électricité, radium, jusqu’à pressentir les images virtuelles et ce dans les années 1920.

Quelques repères biographiques :

Né à marseille en 1860, dès 1884 prend le nom de Saint-Pol-Roux pour publier ses premiers poèmes, à la même époque rencontre Verlaine et Mallarmé (dont il devient l’ami),1886 il publie « Lazare » « Le bouc émissaire » et fonde avec quelques amis la revue La Pléiade avant de collaborer au Mercure de France. Pourtant, même reconnu et édité, il quitte Paris pour les Ardennes où il écrit « La Dame à la faulx », et s’installe ensuite à Roscanvel puis à Camaret en Bretagne.Parution en 1901 1904 et 1907 des trois volumes de la série des « Reposoirs de la procession ». Dans les années 1920 les surréalistes le découvrent. 1940 au début de l’occupation, le drame : un soldat allemand tue Rose la servante, violente Divine sa fille , le manoir pillé, Saint-Pol-Roux accablé meurt en Octobre de la même année.

Quelques aphorismes :

Sur Saint – Pol – Roux : revue Europe (N°709,1988), Seghers : Poétes d’aujourd’hui (N°28,1989), Catalogue ( Le Verbe et la Lumière )pour l’exposition de la bibliothèque municipale de Chateaulin (Finistère), un DVD du réalisateur Gilles Jouault en 2006, Candéla production,Rennes ( voir leur site : www.candela-production.fr ) .

André SUARES : 11868 – 1948.

Né à Marseille, il a été très longtemps ignoré, critiqué, jalousé par ses contemporains. Pourtant il fut l’ami des plus grands : Romain Rolland, Jean de Boschère, Péguy, Claudel, et Jean Paulhan.
Dés 1912, il participe à l’aventure de la « Nouvelle Revue Française » avec ses chroniques sous le pseudonyme de Caerdal. ( quêteur de la beauté dans la langue bretonne).
André Suarès poursuivra inlassablement sa quête de grandeur, d’un art absolu seul capable de transcender la médiocrité dans laquelle il évoluait avec peine.
Il est connu pour un ouvrage sur son voyage en Italie : « Le Voyage du Condottière » mais aussi pour ses « Vues sur L’ Europe. » où il a dénoncé avec force les dangers des totalitarismes ( nazismes et fascisme ), symboles de la barbarie. Il prophétisa le génocide et durant la deuxième guerre mondiale il dut s’exiler dans le midi et ainsi se cacher de la gestapo.
A sa mort en 1948 il a laisse beaucoup d’ouvrages publiés et un nombre encore plus impressionnant d’inédits.


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