Pierre Dhainaut
« Le don des souffles »,
Notre chemin préféré vers le nord : sur la butte le regard de la mer nous enlace, nous rend le souffle.
D’habitude on se presse. Aucun vent ce soir là, quelques oiseaux à la surface de l’étang, leurs ondes que la rive ne brisait pas, des bourgeons, de la neige aux taillis de novembre, l’enroulement des flots qui aimantent, qui apaisent, odeur d’humus, rondeur du ciel, le temps lorsqu’il s’avance, nous étions tout le temps au bon endroit. (Portrait d’une éclaircie)
ISBN : ,
prix : 11.89 euros.
« Terre des voix »,
Au petit jour cette paix, cette ardeur, la nuit disparaît-elle en la parole ?
Maintenant
Tu sais ce qu’est un mur : on ne définit pas l’attente et la souffrance et la prière.
La nuit douce
à la nuit, blanche, la dent qui taraude la dent, les poings coupés les draps trop lourds, les draps trop courts le feu sans le froid, le froid sans le feu, le spasme étrangle, écartèle, et nous perdons la face, nous coïncidons.
Un couloir, une salle étroite, les murs dressés, des pas, des heures, la blancheur, le véritable arasement, c’est cela, faut-il pour la mort d’autres lieux ? Je ne me souviens pas, je suis près de mon père : ni lui ni moi n’avons à parler, mais la distance,
Je ne devine pas qu’il meurt,
une première mort, je ne retenti pas
dans la distance.
Vingt ans,
plus de vingt ans pour l’écrire.
Pourquoi l’écrire ?
(Au chant, s’il est mortel)
ISBN : ,
prix : 11.43 euros.