Bientôt 60 ans de résistance en poésie.
D’illustres méconnus à redécouvrir : Pierre. Albert-Birot, Joë Bousquet, Saint-Pol-Roux, Suarés, et Seuphor, aux inconnus à découvrir de Guy Allix à Jean-Claude Xuereb.
Sans oublier : René Guy Cadou, André Delons, Jean Follain, Max Jacob, Pierre Reverdy, Roger Vitrac ……
Maison familiale ( création en 1948 ) et artisanale

Elle privilégie toutes les différentes phases d’élaboration et de fabrication d’un livre : depuis la lecture des manuscrits, le travail à l’atelier, et la diffusion par nos propres soins des recueils.
Manifeste de liberté :
« je publierai donc ce que j’aime. Revendiquant même le droit de me tromper. Refusant toutes les étiquettes, ne me laissant enfermer dans ancun système. Capable d’aimer aussi bien une poésie lyrique que celle concise où chaque mot porte son poids » (Poésie Présente N° 1, 1970).
60 ans au service de la typographie : « que les yeux et les mains participent aux joies de la lecture ».
« j’aime la chaleur du papier bouffant que le caractère pénètre à chaque tour de machine . L’impression est à la fois lutte et amour. Le caractère doit blesser la feuille et lui donner sa dimension, sa noblesse ( aujourd’hui hélas ! le caractère est gris, l’impression plate ). J’aime sentir l’odeur du papier et de l’encre melés, et aussi leur poids qui donne son image concrète au poème « . ( Poésie Présente).
Une couverture blanche avec des lettres rouges :
René Rougerie nous demande d’aimer les livres qu’il publie pour les poèmes qu’ils contiennent. Quand il décide d’éditer un manuscrit il sait qu’il lui faudra faire, lecture après lecture, page après page, dans une suite d’approches et de travaux où il ne voudra pas séparer le regard qui découvre de la main qui engage l’encre et le papier. Autant de livres, autant de voyages dans les villes, de visites aux libraires, de vitrines, de couloirs où la lumière qui éclaire les pages reste souvent prisonnière d’obscurs rayons. Pour René Rougerie la poésie est présente et il ne l’incite jamais à se détourner de son cours. Tout est simple : les mots sont dans le poème, le poème est sur la page, la page est dans le livre. Pourtant il connaît les menaces qui planent, se posent, détruisent le cours des mots et des Etres, il dénonce les impostures, les absences, les boursouflures médiatiques et tous ceux qui décrivent un ciel dont ils empochent les offrandes….Les parcours de la poésie sont longs, hasardeux et imprévisibles, ils passent par l’amour, l’amitié, la liberté de dire et d’être.
( Georges Drano, N°53 de la revue Plein Chant consacré entièrement aux éditions Rougerie ).